L'assistance éducative :de quoi parle-t-on ?
L'assistance éducative est une procédure de protection de l'enfance confiée au juge des enfants. Le juge peut ordonner des mesures lorsque la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur non émancipé sont en danger, ou lorsque les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises.
Ce n'est pas une procédure pénale : il ne s'agit pas de juger ou de sanctionner les parents, mais d'apprécier si l'enfant est en danger et quelle mesure peut y remédier.
Pour autant, les conséquences sont considérables — suivi éducatif imposé, placement, limitation des visites — et la procédure repose largement sur les rapports des services sociaux et éducatifs, que les parents découvrent souvent peu avant l'audience.
Comment la procédure est-elle déclenchée ?
Le plus souvent, la procédure commence par une information préoccupante transmise à la cellule départementale de recueil (CRIP) — par l'école, un médecin, un hôpital, un voisin ou l'un des parents — ou par un signalement adressé directement au procureur de la République. Les mesures que peut ordonner le juge des enfants
Le juge dispose d'une gamme de mesures, de la simple investigation au placement. Une mesure ne peut excéder deux ans, mais elle est renouvelable par décision motivée.
La mesure judiciaire d'investigation éducative (MJIE)
Elle confie à un service (souvent la PJJ ou une association habilitée) l'évaluation de la situation de l'enfant et de sa famille, généralement sur six mois. Son rapport pèse lourdement sur la décision : la famille doit s'y préparer et pouvoir y répondre.
L'action éducative en milieu ouvert (AEMO)
Elle maintient l'enfant chez ses parents, avec l'accompagnement d'un service éducatif chargé d'apporter aide et conseil à la famille. Le juge peut l'assortir d'obligations : fréquentation scolaire, soins, accueil de jour.
Le placement
Si l'enfant ne peut rester à son domicile, le juge peut le confier à l'autre parent, à un membre de la famille, à un tiers digne de confiance, au service de l'aide sociale à l'enfance (ASE) ou à un établissement.
